Reprendre le site d’une praticienne : ce qu’on y a trouvé
Un site repris de zéro, 66 remarques de la cliente traitées une par une, et des défauts d’accessibilité que personne ne voit — jusqu’à ce qu’on les mesure.

Une naturopathe nous confie son site. Il existe déjà, il est hébergé sur une plateforme en abonnement, et il contient plusieurs années d’articles. Voici ce qu’on y a trouvé, et ce que ça dit des sites en général.

LE CONTENU ÉTAIT PRISONNIER
Ses articles vivaient sur une plateforme américaine. Les récupérer n’a pas été un export en un clic : il a fallu reprendre les textes, les images, les dates, et les remettre dans une base qui lui appartient. Vingt-deux articles, et plusieurs centaines de contacts à trier.
C’est le coût qu’on ne voit jamais quand on choisit une plateforme : il n’apparaît que le jour où on veut partir. Et il est d’autant plus lourd qu’on a publié longtemps.
DES COULEURS ILLISIBLES, ET PERSONNE NE LE SAVAIT
Son identité visuelle était belle. Mais plusieurs de ses couleurs, mises en texte sur fond clair, tombaient sous le seuil de lisibilité fixé par les règles d’accessibilité — le niveau AA, qui demande un rapport de contraste d’au moins 4,5 pour 1 sur du texte courant.
Ce n’est pas une question d’esthétique. Une personne malvoyante, un écran en plein soleil, un téléphone à faible luminosité : le texte devient difficile, puis impossible à lire. Sur un site de santé, l’enjeu est aussi juridique.
On a gardé sa composition et ses intentions, et assombri les valeurs qui ne passaient pas. L’écart se mesure, se documente, et se justifie — il ne se devine pas à l’œil.
SOIXANTE-SIX REMARQUES, TRAITÉES UNE PAR UNE
Après la première livraison, elle a relu son site et envoyé soixante-six remarques. Pas des avis : des observations précises, souvent accompagnées d’une capture d’écran.
Chacune a été reprise séparément, corrigée, puis vérifiée sur la page réellement produite — pas sur l’intention de la corriger. C’est fastidieux, et c’est la seule méthode qui tienne : sur une remarque traitée « en gros », on en règle deux et on en manque une troisième, sans le savoir.
Plusieurs de ses demandes portaient d’ailleurs sur la même chose, formulée cinq fois à cinq endroits différents : les listes déroulantes s’ouvraient toutes seules et elle ne pouvait pas le changer. Ce n’était pas cinq remarques, c’était un réglage manquant.
CE QU’ELLE PEUT FAIRE SEULE, MAINTENANT
Ses sept pages, ses articles, ses tarifs et ses couleurs se modifient depuis son espace d’administration. Un mode d’emploi lui a été remis, écrit sans jargon. Elle n’a plus besoin de nous pour changer un prix ou publier un article.
C’est la partie du travail qui ne se voit pas sur le site fini, et c’est pourtant celle qui décide s’il sera encore juste dans deux ans.
CE QUE CE CHANTIER NOUS A APPRIS
Trois choses, qui servent à tous les suivants. Qu’un contenu hébergé ailleurs doit pouvoir être récupéré avant même qu’on se demande si on partira. Que les contrastes se mesurent, parce que personne ne les voit à l’œil. Et qu’une remarque de cliente se traite une par une, en vérifiant le résultat — jamais par paquets.